L’Habitat Participatif, instrument de lutte contre les crises

Face aux crises climatiques, énergétiques, environnementales, sociétales qui s’accumulent, nous ressentons généralement un grand vertige. Qui peut agir ? Est-ce de la seule responsabilité du gouvernement, des politiques, des institutions, des instances internationales ? Chacun d’entre nous n’a-t-il pas un rôle dans l’histoire? Nos choix d’achats, de lieu de résidence, de mode de transport, de comportements sont-ils sans  conséquences? Les nouvelles formes d’habitat ne contribuent-elles pas à la mise en mouvement et à l’émergence de solutions ?

L’habitat a un impact considérable sur notre vie personnelle et sur la planète. Non seulement, il représente 44% de l’énergie consommée dans notre pays et 20% de ses gaz à effet de serre. Mais il n’est pas neutre sur les relations de voisinages et le tissu social. Si les habitants sont encouragés à exprimer leurs besoins et sont entendus, nous améliorerons ces chiffres autant que notre qualité de vie et nos relations sociales.

Un lieu de vie est bien plus qu’un produit-logement conforme à la réglementation en vigueur, aussi performant soit-il.

  • Refuser de construire les lotissements de pavillons, « verdis » ou pas, et les immeubles impersonnels (bons à raser après 30 ou 40 ans),  génèrera moins de gaspillages de ressources, moins de technologies inappropriées, moins d’argent et de temps perdu en déplacements superflus, moins de frustrations et d’isolements, moins de médicaments et de pertes de repères.
  • Prendre le temps d’étudier des alternatives réfléchies par et avec les habitants, tant en accession qu’en location (sociale ou privée) ouvrent de nouvelles perspectives. Elles dépassent le champ de l’habitat et invitent les services et commerces de proximité, les espaces de jeu, de loisir et d’échanges à s’y installer.

En effet l’habitat participatif fait émerger des solutions créatives, des mutualisations, des espaces ouverts et évolutifs. Nos voisins du Nord les appliquent depuis quelques dizaines d’années. Ils construisent leur « village » en ville : des habitats plus conviviaux, plus sains, plus durables et plus économiques à qualité égale.

  • Regardez au-delà même des pistes exemplaires que sont Fribourg avec ses quartiers Vauban et Riesenfeld, Tübingen, Culemborg avec le quartier EVA-Lanxmeer et jugez par vous-même.
  • Habitants de tout âge apprécient la qualité des logements neufs ou rénovés tout autant que des espaces publics et semi-publics et les circulations douces omniprésentes. Ces lieux de vie sécurisés (la voiture est limitée à 5 km/h), variés, à taille humaine, favorisent une vie sociale apaisée (A ce titre, il serait sans doute instructif d’évaluer ces nouvelles formes urbaines aux autres en ce qui concerne la violence et le sentiment d’insécurité).

En France aussi des habitants, des collectivités (élus, techniciens de l’urbanisme), des architectes l’ont compris. Ils expérimentent dans de plus en plus de 250 groupes projets, dont 4 en Picardie.

Cela ne tient qu’à chacun d’entre nous de faire sa part, ici et maintenant, pour notre avenir et celui de nos enfants et des générations futures.

L’instrument « habitat participatif » est néanmoins plus exigent que les solutions habituelles proposées par le promoteur. Il demande aux citoyens et aux élus de réfléchir et d’agir ensemble. N’est-pas là une belle ambition politique?

Pascal Lanselle

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